Reconnaître ses Torts comme Ser Alliser Thorne (Game of Thrones)

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Photo by Felix Koutchinski on Unsplash

As-tu déjà ignoré le bon conseil d’un collaborateur ? As-tu alors décidé plus tard de reconnaître tes torts ?

Vu le nombre de décisions que prend un manager, il serait surprenant que tu n’en prennes jamais de mauvaise… Et tu retrouves alors face à un dilemme. Quand tu réalises a posteriori qu’un collaborateur t’avait prévenu ou proposé une solution bien meilleure, tu peux :

  • faire comme si de rien n’était et ainsi “sauver la face”
  • ou bien reconnaître tes erreurs face à ton salarié, choisir d’être honnête quitte à affaiblir (penses-tu peut-être) ton autorité

De mon point de vue, sans conteste, la deuxième option est nettement préférable.

Pour t’en convaincre, je te propose de te raconter une histoire issue de la série “Game of Thrones”. Cette série fait partie de mes préférées et je m’y réfèrerai probablement souvent sur ce site. Même si dans le cadre de mon défi, je me suis engagé à explorer d’autres horizons !

Cette histoire concerne le maître d’armes de la Garde de Nuit, Ser Alliser Thorne. Si tu connais la série, tu seras probablement surpris qu’un tel personnage puisse reconnaître ses torts…

C’est pourtant ce qu’il a fait face à un de ses hommes, Jon Snow, qu’il déteste de surcroit ouvertement !

Si un manager aussi vieux jeu que Thorne a su faire amende honorable, c’est que c’est forcément à ta portée, n’est-ce pas ? 😉

Ser Alliser Thorne, exemple malgré lui ?

Owen Teale - Ser Alliser Thorne
Photo de Ian Haskins sur Flickr

Dans Game of Thrones, de nombreux personnages endossent tour à tour le rôle de manager. Pour le meilleur – parfois – et pour le pire – souvent. Je te parlerai aujourd’hui de l’un des plus obscurs d’entre eux. Au sens de sa portée dans l’œuvre en général : Ser Alliser Thorne, joué par l’acteur britannique Owen Teale.

Ce chevalier revêche est Maître d’armes à Châteaunoir, l’un des trois forts encore habités le long du Mur. Cette formidable barrière de glace est le dernier rempart qui sépare le continent de Westeros de ses ennemis historiques. Le peuple libre des sauvageons, mais aussi et surtout les Autres, les fameux “marcheurs blancs” qui relèvent les morts.

Il est donc impensable que le Mur tombe, ce qui justifie un entraînement rigoureux. Ser Alliser en fait régulièrement baver à toutes les recrues qui rejoignent les rangs des « Corbeaux » de la Garde de Nuit. Il est dur, antipathique et prend visiblement du plaisir à faire souffrir les moins courageuses d’entre elles. Comme il le prouve régulièrement avec Samwell Tarly.

Pas exactement le genre de leader à même d’inspirer ses hommes et tirer le meilleur d’entre eux, n’est-ce pas ? Et pourtant, même Alliser Thorne peut nous éclairer sur certains aspects du management !

Reconnaître ses torts, même du haut du Mur

Ainsi, lors de l’épisode 9 de la saison 4, le Mur, n’est plus défendu que par quelques dizaines de frères jurés de la Garde. C’est alors que l’armée de 100,000 sauvageons commandée par Mance Rayder passe à l’attaque.

Parmi eux, des géants et des mammouths. A même d’arracher facilement les grilles qui obstruent le souterrain, unique passage à travers le titanesque mur de glace. Et de permettre ainsi aux sauvageons d’envahir Châteaunoir. Jon Snow le sait, pour avoir infiltré quelques temps les rangs de l’armée de Mance.

Quelques jours plus tôt, il a tenté d’en prévenir son supérieur, Ser Alliser, qui assure le commandement par intérim du fort. Celui-ci s’est obstinément refusé à le croire et à obstruer le souterrain. Car cela les aurait privé de la possibilité d’envoyer des patrouilles au-delà du Mur.

Au moment où l’armée de sauvageons lance l’assaut, Ser Alliser ne peut que constater que Snow disait vrai. Ce dernier le rejoint en haut du Mur pour prendre ses ordres. Il ne s’attend alors probablement pas plus que nous à entendre Alliser reconnaître ses torts :

«  100.000, avais-tu dit l’autre soir ? Tu as le droit de le dire si tu en as envie… On aurait dû condamner le souterrain quand on le pouvait encore, comme tu l’as dit. »

« Quelle qu’elle soit, la décision était difficile à prendre, Ser. »

« Tu sais ce qui arrive quand on commande, Lord Snow ?  Celui qui commande voit son autorité remise en question par tous les jeunes cons qui jugent utile d’ouvrir leur gueule. Et le jour où il se remet en question lui-même, c’est fini. Pour lui, pour les jeunes cons qui ouvrent leur gueule, pour tout le monde… ».

En fait, tu trouveras cet échange dans la première partie de cette vidéo en VO.

Quelles conséquences sur son image ?

Le premier élément de surprise, c’est donc que Ser Alliser reconnaît son erreur. A sa façon bien à lui, certes ! Mais il le fait. Qui plus est devant un homme qu’il méprise ouvertement.

En sort-il affaibli ? Aucunement. A l’expression de Jon Snow autant qu’à sa réponse, on le sent reconnaissant et respectueux envers son supérieur. Un bon leader sait reconnaître ses erreurs. Ainsi que reconnaître quand il aurait dû davantage écouter ses troupes.

Ce n’est pas un aveu de faiblesse, c’est une preuve de lucidité et de courage. Évidemment, il n’est pas question d’en faire une profession. En tous cas pas à répétition sur le même sujet ! Mais avouer quand tu t’es trompé ne peut qu’accroître le respect de ton équipe. Et par là-même ton autorité.

Oublie les anciens préjugés qui veulent qu’un leader doive être infaillible. Personne ne l’est. Et apprendre de ses erreurs est une compétence clé pour qui veut progresser. Dans le management comme dans la vie en général, soit dit en passant.

L’art subtil de contredire son manager

Reconnaitre ses torts
Photo by Mohamed Hassan from Pexels

Thorne ne serait sans doute pas lui-même s’il n’avait pas ponctué cet aveu d’une remontrance acerbe envers Snow. Qu’il considère toujours comme un « jeune con ».

Mais là non plus, il n’a pas tout à fait tort. Lorsque Jon a conseillé d’obstruer le souterrain, il l’a fait en s’opposant à une décision de son supérieur devant une assemblée de ses collègues. Rares sont les managers à prendre positivement une remise en cause publique !

En tant que collaborateur, si tu penses que ton responsable se trompe, il est possible voire même de ton devoir (en fonction des conséquences supposées de cette erreur) de le lui dire. Quitte à user de ton “droit de retrait” en refusant d’obéir aveuglément à des ordres que tu sais mauvais.

Mais fais-le de préférence à froid pour ne pas donner l’impression de t’opposer par principe et par réaction. Et surtout, surtout, fais-le en tête-à-tête !

J’ai ainsi toujours été surpris par les collaborateurs contestant ouvertement le montant de leur augmentation (ou son absence). Ils partent probablement du principe que celle-ci ne pourra de toutes façons pas être révisée.

Mais s’ils veulent que leurs arguments portent (au moins pour la prochaine fois), ils partent du mauvais pied. Car ils mettent en cause l’une des décisions les plus emblématiques du rôle de leur manager. Celui-ci pourra difficilement ouvertement leur donner raison sans introduire un doute sur la justesse de l’ensemble des mesures qu’il a prises.

Tes arguments ont beaucoup plus de chances de porter auprès de ton responsable en tête-à-tête dans son bureau. Quelques jours après la communication de l’augmentation.

En tant que manager, si tu as un collaborateur qui franchit régulièrement la ligne rouge, tu peux lire avec profit cet article qui t’expliquera comment gérer une tête de mule. Tu verras qu’il existe plusieurs options. Mais avoir un collaborateur imprévisible ne t’affranchit pas de reconnaître tes torts vis-à-vis de lui.

Faut-il savoir se remettre en question ?

Évidemment en revanche, je suis en complet désaccord avec la fin de la tirade de Ser Alliser. Concernant l’impossibilité pour un leader de se remettre en cause lui-même.

A sa décharge partielle, je suis persuadé qu’il sous-entend se remettre en cause publiquement. Sinon il n’aurait pas commencé par avouer son erreur devant Jon Snow.

Mais même dans ce cas, je désapprouve. Pour les raisons exposées ci-dessus concernant les vertus d’une reconnaissance de son erreur. Un bon manager peut se contenter de le faire vis-à-vis du collaborateur concerné, mais il n’a rien à perdre selon moi à le faire publiquement.

Il est néanmoins encore possible de trouver des circonstances atténuantes au Maître d’armes. Ce qui est vrai aujourd’hui ne l’était sûrement pas au Moyen-âge, culte du chef oblige. Sans remonter aussi loin, je suis persuadé qu’il y a à peine plus de 10 ans encore, il était considéré comme malvenu pour un directeur d’usine de reconnaître ses erreurs. Heureusement, les choses changent ! 🙂

Enfin, il faut remettre les choses dans leur contexte. La Garde de Nuit s’apparente à un corps militaire, chargé de défendre le Nord et même plus globalement Westeros contre les Sauvageons et surtout les redoutables « Marcheurs Blancs ». L’opposition entre Snow et Thorne est survenue à la veille d’un siège qui laisse peu de chances de survie à la Garde de Nuit.

Dans ces circonstances martiales sur fond de gestion de crise, il sera toujours plus compliqué pour un leader de reconnaître ses torts. Au risque de voir son autorité temporairement affaiblie au cœur de la bataille, ce qui serait effectivement préjudiciable à tous.

Et toi, sais-tu reconnaitre tes torts ?

Mais heureusement, dans ta vie de tous les jours, il est probable que tu connaisses des situations bien moins stressantes. Et qu’en tant que responsable, tu puisses envisager d’adapter ton style de management pour plus d’ouverture.

Et pourquoi pas même pour plus de participation de tes équipes à la prise de décision ? Même si celle-ci reviendra souvent dans la pratique entre tes mains (en tous cas la responsabilité de cette décision).

La théorie seule ne valant finalement pas grand’ chose, je te propose de passer à la pratique. En effet, si ce n’est pas déjà naturel pour toi, reconnaître tes torts demandera des efforts et de l’entraînement.

Commence dès aujourd’hui, dès que tu réaliseras ton erreur de ne pas avoir écouté un de tes collaborateurs. Commence petit si tu veux, sur un sujet relativement anodin et sans conséquences. Mais fais le savoir au moins au collaborateur concerné. Et si tu t’en sens capable, fais le publiquement, surtout si tu l’as publiquement contesté.

Il y a toutes les chances que ce courage te vaille le respect de l’ensemble de ton équipe, voire au-delà ! N’hésite pas à partager dans les commentaires ci-dessous ce que tu as ressenti et les réactions éventuelles que tu as recueillies !

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