Droit de retrait : comment gérer un conflit de loyauté comme le Capitaine Rex ? (The Clone Wars)

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Le Capitaine Rex hésite à faire valoir son droit de retrait avec ses clones
Capitaine Rex (au centre) – The Clone Wars – Ep1S1 – Disney

En tant que manager, t’es tu déjà retrouvé entre le marteau et l’enclume ? Tiraillé entre les consignes données par ton chef et leur impact négatif sur tes collaborateurs au niveau du terrain ? Au point d’envisager d’user de ton “droit de retrait” et de dire non à ton chef ?

Si ce n’est pas le cas, il y a fort à parier que cela t’arrivera un jour ou l’autre. Et de manière plus générale, tu seras sans doute tenté à un moment de désobéir à ton supérieur. Ou d’ignorer volontairement certains aspects de la politique de ton entreprise.

Cela relève-t-il pour autant systématiquement d’une mutinerie ou d’une rébellion, passibles de sanctions majeures ? Évidemment non. Mais contester sa hiérarchie peut relever de l’insubordination et donne souvent à y réfléchir à deux fois.

Pourtant, tu peux être intimement persuadé que des ordres venus d’en haut sont mauvais. Que faire alors dans ce cas ?

C’est la situation à laquelle est confronté le Capitaine Rex dans la série The Clone Wars. En charge d’un bataillon de clones, il est sommé de mettre en œuvre les stratégies casse-cou et désastreuses du Général Krell. Qui mènent à de lourdes pertes humaines.

Certes, tu n’es pas officier dans l’armée de la République Galactique. Et encore moins Général Jedi ! Mais tu découvriras, à travers ces quelques épisodes de la série, les conditions qui peuvent justifier de contester l’autorité de ton chef. Ainsi que ce qu’il vaut mieux ne pas faire si tu ne veux pas te retrouver face à une mutinerie de ta propre équipe !

Nul besoin de ton sabre-laser pour te plonger dans cette histoire afin d’en ressortir plus sage et meilleur manager ! Que la Force soit avec toi ! 😉

Cet article fait partie de mon défi, trouver 10 séries TV qui parlent de management.

Résumé de l’histoire

Star Wars : The Clone Wars est une série d’animation de l’univers étendu Star Wars. Son action se situe entre les épisodes II et III de la seconde trilogie. La République Galactique s’est alors découvert fortuitement une armée de soldats clones. Qui lui permet de s’opposer aux forces droïdes des Séparatistes menées par le Comte Dooku (Christopher Lee dans les films).

Un management peu respectueux de ses troupes

L’action qui nous intéresse concerne une opposition sur la planète Umbara, qui est l’objet des épisodes 7 à 10 de la saison 4. Umbara a fait sécession de la République après la mort de son ambassadeur et décidé de rejoindre les rangs des Séparatistes.

La République envoie alors plusieurs bataillons, menés par des généraux Jedi, pour reprendre le contrôle de la planète. Leur objectif est de prendre rapidement la capitale d’Umbara. Dans ce cadre, la 501ème légion commandée par Anakin Skywalker doit bloquer les renforts ennemis, en particulier des milices lourdement armées.

Mais dès le début du conflit, Skywalker est rappelé sur Coruscant, la planète capitale de la République. Le Général Jedi Pong Krell prend alors le commandement par intérim.

Celui-ci va enchaîner les stratégies hasardeuses et téméraires, qui se traduisent par de lourdes pertes humaines. Quel que soit l’objectif poursuivi (faire barrage aux milices, prendre une base aérienne, neutraliser un cargo de ravitaillement ennemi), Krell n’écoute pas ses hommes. Et semble peu se soucier de leur sort.

Cela n’est pas sans créer des tensions croissantes entre le Général Krell et ses troupes. Le Capitaine Rex, lui-même un clone, a fort à faire pour maintenir la loyauté de ses hommes envers le Général.

Une insurrection salvatrice

Cette opposition culmine lorsque plusieurs clones décident de désobéir à Krell pour attaquer le cargo de ravitaillement grâce à des vaisseaux volés aux forces Umbariennes. En dépit du succès de la manœuvre, Krell veut faire exécuter les soldats, coupables selon lui d’insurrection.

Alors qu’il croit affronter des Umbariens ayant revêtu des uniformes de clones, le Capitaine Rex réalise qu’il est en fait en train de se battre contre un autre bataillon de la République. C’est le Général Krell qui a donné cette fausse information et envoyé ces deux bataillons à une opposition fratricide.

Rex décide alors d’arrêter Krell pour trahison envers la République.  Mais Krell est trop puissant pour les clones, qui n’auraient sans doute jamais pu stopper le Général si ce dernier n’avait pas été attrapé par créature endémique agissant comme une énorme plante carnivore.

Celui-ci reconnait être passé du fameux côté obscur de la Force et chercher à marquer des points afin que le Comte Dooku le prenne comme son nouvel apprenti.

Devant le risque de voir les Umbariens libérer Krell et celui-ci livrer les secrets de la République aux Séparatistes, les clones décident de l’exécuter. C’est Dogma, le clone qui lui avait été loyal jusqu’au bout, qui presse la gâchette.

Finalement, Umbara tombe aux mains de la République.

Un leader qui méprise ses collaborateurs

Un manque de considération évident

Plusieurs attitudes du Général Krell pourraient relever d’un simple abus d’autorité :

  • lorsqu’il impose à Rex de rester au garde-à-vous en sa présence (voir la scène ci-dessous)
  • ou qu’il refuse de laisser le bataillon se reposer quelques heures, considérant qu’ils n’en ont pas besoin
  • ou encore qu’il s’adresse au Capitaine en lui aboyant dessus
  • enfin lorsqu’il menace de relever Rex de son commandement s’il ne lance pas l’assaut sans attendre

Tu pourras me répondre qu’à l’armée, cela peut sembler moins surprenant qu’en entreprise. Je pense néanmoins que les choses y évoluent aussi. Et que si une situation de crise peut justifier un style de management directif, les vexations répétées sont inutiles et contre-productives.

Par ailleurs, Krell minimise le mérite de ses hommes. Lorsque Rex et son équipe réussissent à prendre la base aérienne grâce aux vaisseaux volés, Krell lui dit qu’il a eu de la chance. Il considère que ce plan risqué ne se justifiait pas : pour lui, les pertes humaines sont inévitables. Peut-être qu’un jour, Rex le comprendra !

Ne connais-tu pas dans ton organisation des “petits sergents” imbus de leur autorité ? Qui n’hésitent pas à s’en servir pour humilier ceux qui sont en-dessous d’eux dans l’échelle ? Ce style de management tend heureusement à disparaitre, mais l’armée de la République n’a pas le monopole des managers méprisants

De façon plus insidieuse, le Général s’oppose par ailleurs systématiquement à toute proposition venant de la base :

  • le vol des vaisseaux pour venir à bout des milices lourdement armées
  • l’utilisation de ces vaisseaux pour attaquer le cargo de ravitaillement

Bien sûr, il est possible d’avoir raison contre tous… Mais un manager qui n’écoute jamais ses hommes renforce ce sentiment de mépris. Et finira par anesthésier toute force de proposition de ses équipes. Ainsi que par ne plus avoir de remontée d’information efficace.

Un dénigrement qui confine au racisme

Le Général Krell affiche d’emblée un mépris évident pour les clones. Il les considère comme inférieurs et s’étonne dès son arrivée (voir la scène ci-dessus) que Rex soit capable d’avoir le sens de l’honneur.

Plus tard, devant une retraite inévitable des troupes qu’il a envoyées au combat sans travail de renseignement préalable, il fulmine contre le “manque de volonté” des clones. Puis affirme que certains clones sont “défectueux” et “ne peuvent se soumettre à l’autorité” !

Il franchit une étape de plus en appelant systématiquement les clones par leur matricule. Ce faisant, il montre ostensiblement qu’il ne les considère pas comme des humains en tant que tels. Cela rappelle les heures sombres dans les camps de concentration Nazis …

Enfin, une fois sa trahison révélée, il justifie ses actes face à un Capitaine Rex furieux et dépité. Pour lui, s’il a fait tuer ses propres hommes, c’est parce qu’il en avait le pouvoir et que les clones sont inférieurs. Ils ne méritent en quelque sorte pas de vivre…

Il conclut en affirmant qu’il ne se laissera pas arrêter “par des créatures élevées dans un laboratoire”.

On peut penser qu’il s’agit-là d’une caricature propre à l’univers Star Wars et à ses nombreuses races extraterrestres. Mais es-tu vraiment persuadé qu’aucun manager terrien n’oserait dénigrer ses collaborateurs de la sorte ?

Cette attitude inacceptable existe malheureusement encore et s’exprime alors généralement envers un seul salarié, pris pour cible et victime de harcèlement moral.

Des troupes déchirées quant à la conduite à tenir

Il est intéressant de noter que les soldats, tout clones qu’ils soient, ne réagissent pas de la même façon devant l’attitude de leur Général. Dès les premières consignes, certains clones trouvent le plan de Krell “imprudent”. Mais d’autres rétorquent que leur supérieur sait probablement ce qu’il fait.

Cette dernière attitude me semble au départ parfaitement saine. Même si le manager devrait prendre le temps d’expliquer sa tactique à son équipe, il est raisonnable de considérer qu’il a ses raisons. Il peut avoir accès à des informations dont son équipe ne dispose pas et qui rendent son choix cohérent.

Lorsque le Général persiste à engager ses troupes dans un assaut frontal sans faire réaliser la moindre reconnaissance préalable, de plus en plus de clones le remettent en cause. Ils s’énervent et se demandent si il ne veut pas tous les faire tuer. Certains le pensent fou. D’autres se demandent s’il ne hait pas tout simplement les clones !

De plus en plus minoritaires, certains clones comme Dogma manifestent toujours leur accord avec le plan du Général. Ils considèrent que le temps manque et que c’est la meilleure option. Après tout, un chef doit savoir prendre des décisions même dans des environnements incertains !

Dogma ira jusqu’à vouloir prévenir Krell que trois de ses collègues vont désobéir à ses ordres, afin de ne pas risquer lui-même la cour martiale. Mais Rex l’en empêche. On trouve là un parallèle avec les collaborateurs du régime Nazi.

Dogma restera fidèle au Général jusqu’au bout, allant jusqu’à protéger sa fuite et accuser le Capitaine de trahison et de mutinerie. Ce n’est que lorsque Krell avouera sa trahison qu’il réalisera son erreur de jugement. Se sentant abandonné et trahi, Dogma trouvera dans sa haine soudaine la force d’exécuter son leader, alors que Rex ne pouvait s’y résoudre.

Un conflit de loyauté pour le manager intermédiaire

Le rôle du Capitaine Rex est particulièrement difficile lors de ces épisodes. Habitué à seconder le Général Skywalker, avec qui il a noué une relation de confiance, il doit cette fois composer avec un supérieur bien différent…

Un relai de sa hiérarchie même lorsque le vent souffle

Rex a un sens profond de la loyauté et du respect hiérarchique. En dépit de ses doutes croissants, il va soutenir autant que possible son nouveau commandant. Mais son rôle de manager intermédiaire impose de composer avec son chef, mais aussi ses troupes. Qui contestent de plus en plus ouvertement le Général.

Le Capitaine Rex cherche à calmer le jeu et rappelle que certains plans du Général Skywalker avaient également l’air téméraires. Mais qu’ils avaient fonctionné. Il demande toujours d’accorder le bénéfice du doute à leur supérieur.

Il rappelle à ses hommes que Krell est un héros de guerre reconnu. S’il fait les choses différemment, il est efficace pour les faire avancer. Il en appelle ainsi à la légitimité de Krell pour calmer ses hommes.

Lorsque Rex lui-même doutera du jugement de son chef, il commencera par rester fidèle à ses ordres malgré tout. Il expliquera alors à son adjoint, Fives, qu’il ne peut rien y faire, qu’il a cherché à raisonner Krell mais que ce sont ses ordres. Ou encore qu’il n’est pas d’accord avec Krell, mais qu’il n’a pas de meilleur plan.

Une hiérarchie qui n’assume pas ses responsabilités

Pour ne rien arranger, le Général Krell reproche à Rex plusieurs de ses décisions, pourtant dictées par la nécessité. Et conséquences directes des propres stratégies désastreuses du Général…

Ainsi, dans la scène ci-dessus, il critique ouvertement la décision du Capitaine de sonner la retraite lors du premier affrontement avec les milices Umbariennes. Rex décide alors de sortir de sa réserve et de dire la vérité à son supérieur, en répondant qu’il a suivi à la lettre le plan du Général, qu’il désapprouvait et qui leur a couté des hommes :

Aussi certain que c’est mon devoir de rester loyal à votre commandement, j’ai aussi un autre devoir : protéger ces hommes.

Krell sera contraint de reconnaître que la loyauté de Rex envers ses hommes mérite d’être saluée. Il constate qu’ils semblent l’admirer et que conclue c’est important pour un chef efficace.

Ce qui, au passage, est selon moi discutable. Avoir la confiance de ses collaborateurs est un élément important pour un manager. Mais il n’a pas besoin de se faire aimer par tout le monde pour réussir.

L’intégrité de son équipe comme boussole ultime

Les esprits de ses hommes s’échauffant de plus en plus, Rex recourt à l’un de ses adjoints, Fives, pour calmer les esprits. Il compte sur ce manager de proximité pour relayer son message auprès des soldats et maintenir l’ordre et l’autorité.

Malgré tout, au fur et à mesure des épisodes, Rex ne peut que constater que Krell les envoie au casse-pipe. Il prend alors peu à peu ses distances avec son supérieur en :

  • maintenant son plan d’envoyer deux hommes voler des vaisseaux ennemis, contre l’avis du Général
  • couvrant trois de ses hommes qui utilisent les mêmes vaisseaux pour attaquer le cargo de ravitaillement ennemi, contre l’interdiction formelle de Krell
  • approuvant la décision du peloton d’exécution de refuser d’abattre ces soldats à leur retour, désobéissant ainsi à un ordre direct de Krell

Il finira même par ordonner l’arrestation du Général Krell, mais une fois la trahison de celui-ci révélée. Ce qui lui ôte tout scrupule, son supérieur s’étant mis hors jeu de lui-même.

Comment éviter un droit de retrait de tes collaborateurs ?

Ne commets pas les erreurs reprochées au Général Krell !

Si tu veux éviter de te retrouver face à une insurrection de tes collaborateurs, il est intéressant d’écouter ce que les clones eux-mêmes reprochent à leur leader au long de ces 4 épisodes.

Manque de respect

A la différence du Général Skywalker, le Général Krell n’écoute pas ses hommes et ne tient pas compte de leur avis. Comme nous l’avons déjà vu plus haut, c’est une forme de mépris de sa part. Le manager de proximité Fives affirme que le Général n’a “aucun respect pour nous”.

Peu de présence sur le terrain

Skywalker mène généralement ses hommes sur le front, pas depuis l’arrière-garde comme Krell. Avoir un chef présent sur le terrain est une attente forte de la plupart des collaborateurs. C’était l’une des raisons de la popularité de Napoléon au sein de la Grande Armée.

C’est parfois difficile d’en trouver le temps entre les dizaines de mails quotidiens et les réunions à n’en plus finir. Mais c’est l’un des meilleurs investissements possibles de ton temps !

Des résultats obtenus au détriment des autres

Les résultats obtenus par le Général durant sa carrière alimentent les discussions des clones. Fives remarquera :

Il a probablement obtenu quelques victoires. Mais avez-vous vu les chiffres de ses pertes ? Personne n’a perdu plus de troupes que lui.

Rex ne dira pas autre chose lorsqu’il fait part à Krell du sentiment d’une partie de ses hommes qu’il met leurs vies en danger inutilement.

La performance d’un manager alimente sa réputation, qui lui colle à la peau. Et elle concerne à la fois les résultats obtenus et la manière dont ils ont été obtenus.

Si tu comptes bâtir ton succès en marchant sur les autres, sois certain que tôt ou tard, cela se saura et que tu auras du mal à obtenir l’adhésion de tes équipes.

Absorbe la pression et protège ton équipe

C’est l’un des rôles clé de tout manager qui se respecte. Et nous avons deux exemples bien différents durant ces épisodes.

Obi-Wan Kenobi appartient au Conseil Jedi et représente donc la plus haute autorité présente sur Umbara. Il rappelle régulièrement au Général Krell l’importance de son bataillon dans l’invasion en cours. Ce faisant, il lui transmet une pression hiérarchique.

Nous apprenons à la fin que Krell se souciait en réalité peu de cette pression, puisqu’il œuvrait en secret à l’échec de cette invasion. Mais loin de chercher à protéger ses hommes, il répercute mot pour mot le message de Kenobi. Allant même jusqu’à l’amplifier et accroître ainsi la pression sur son équipe !

Le Capitaine Rex adopte un comportement diamétralement opposé. Trois de ses hommes décident de désobéir aux ordres de Krell en attaquant le cargo et l’en informent. Il leur annonce alors qu’il ne pourra pas les couvrir.

Pourtant, Rex prétextera auprès du Général les avoir envoyés en mission de reconnaissance pour expliquer leur départ dans les aéronefs volés. Plus tard, il affirmera même que l’ordre d’attaquer le cargo venait de lui. Il se positionne donc en rempart entre ses hommes et sa hiérarchie, prêt à prendre les coups à leur place.

Inutile, je pense, de t’indiquer lequel des deux a le comportement que l’on peut espérer d’un manager intègre et ayant le sens des responsabilités.

Faut-il obéir à tous les ordres pour être loyal ?

Cette série d’épisodes est particulièrement intéressante sous l’angle de la relation des hommes avec les ordres donnés par leur leader. Le Capitaine Rex, en particulier, va voir sa conception des ordres profondément évoluer.

Faut-il accepter tous les ordres ?

Au départ, Rex considère que les choses sont simples : le Général commande et les clones ont un boulot à faire. Lorsque les premières contestations s’élèvent, il les balaye d’un revers de manche et affirme que si les équipes traitent leur chef avec respect, tout ira bien.

Lorsqu’il commence à être en désaccord avec les ordres de son supérieur, il considère que faire part de son objection est ce qu’il peut faire de mieux. Le Général n’a pas été d’accord ? Point final à la discussion, Rex applique les consignes.

Lorsque Fives se plaint des lourdes pertes auxquelles Krell semble accoutumé, Rex lui répond :

C’est le prix de la guerre. Nous sommes des soldats. C’est notre devoir de suivre les ordres et, si nécessaire, de tomber pour la victoire.

Il reste donc prêt à suivre aveuglément les ordres de son supérieur. Il justifiera même la décision de Krell d’exécuter ses propres hommes par son “autorité de prononcer des sanctions en temps de guerre”.

Mais dans la scène ci-dessous, à la fin de l‘épisode 7, le Capitaine fait part à ses hommes de son erreur :

Je pensais qu’être un bon soldat, c’était faire tout ce qu’ils nous demandaient. C’est comme ça qu’ils nous ont conçu. Mais nous ne sommes pas des droïdes. Nous ne sommes pas programmés. Vous devez apprendre à prendre vos propres décisions.

Ces mots ressemblent beaucoup à ceux de son officier, Fives, devant le peloton d’exécution. Rex a changé d’avis, mais il a mis beaucoup de temps à le faire. Alors que Fives affirmait très tôt “ne pas pouvoir juste suivre des ordres quand il sait qu’ils sont mauvais”.

Un leader peut-il accepter la désobéissance ?

Nous l’avons vu, le Général Jedi Pong Krell est méprisant et cynique. Il n’y va donc pas par quatre chemins pour faire part à ses hommes de sa conception de l’autorité, qui repose sur un rapport de force.

Il commence par expliquer à Rex qu’il réalisait que celui-ci n’avait pas été d’accord avec toutes ses stratégies. Mais qu’il le pensait “assez intelligent et assez loyal pour obéir à ses ordres”.

Il y là une forme de menace sous-jacente, mais aussi un rappel clair : c’est lui qui commande et Rex applique, même s’il n’est pas d’accord. Et nous avons vu que Rex est initialement d’accord avec Krell sur cet aspect des choses.

Lorsque les clones décident d’attaquer (avec succès) le cargo ennemi, Krell les fait arrêter à leur retour pour insubordination. Il s’en explique devant eux :

Il semble que vous ayez accompli un acte très courageux. Malheureusement, vous avez aussi commis un crime sérieux en désobéissant directement à mon ordre.

Le message est clair : peu importe les résultats obtenus par les clones, la manière ne passe pas dans la mesure où ils lui ont désobéi. Krell érige l’obéissance en vertu cardinale de la loyauté.

Lorsque Rex essaie de plaider la cause de ses hommes qui doivent passer en cour martiale, le Général décide qu’il est nécessaire de passer un message clair :  il est aux commandes et l’insubordination ne sera pas tolérée. Il veut faire un exemple avec ces clones en les envoyant directement devant un peloton d’exécution.

Mais lorsqu’il avoue à la fin avoir rejoint le camp des Séparatistes et trahi la République, Krell raille Dogma pour l’avoir suivi jusqu’au bout. Il annonce avoir compté sur une loyauté aveugle comme la sienne pour faire de son plan un succès.

Au fond de lui, Krell considère donc également que les clones auraient dû refuser de suivre ses ordres. Mais il comptait sur leur respect hiérarchique pour obéir sans sourciller. Et a fait le maximum pour obtenir leur obéissance.

Dois-tu parfois user de ton droit de retrait ?

Comme nous l’avons vu à travers ces épisodes de The Clone Wars, il est souvent bien difficile pour un manager de s’opposer à sa hiérarchie et de refuser d’obéir.

Partagé entre sa loyauté envers sa hiérarchie et protéger ses hommes, le Capitaine Rex va longtemps hésiter avant de franchir la ligne rouge. Mais un abus d’autorité manifeste de son chef et un mépris évident pour le bien-être de ses hommes finiront par le convaincre.

Dès lors, il signifie son objection de conscience en refusant d’obéir aveuglément aux ordres, à chaque fois de manière plus affirmée. Quitte à risquer la cour martiale.

Tu n’as évidemment pas besoin d’aller aussi loin ! Mais ton leadership doit reposer sur tes valeurs. Si celles-ci sont bafouées par les consignes qu’on te demande d’appliquer, ne persiste pas dans une loyauté aveugle ! Tu es alors en droit de faire valoir ton droit de retrait.

A condition de l’argumenter et de ne pas être sur une opposition de principe et systématique, tu as peu de chances de t’exposer à un “acte d’insubordination gratuit”. Qui pourrait, lui, conduire à une sanction allant jusqu’au licenciement.

Dire non à son chef pour une raison légitime ne peut pas être traduit comme résultant d’un acte d’insubordination. Mais il ne faut pas en abuser. Et il faut comprendre les raisons qui pourraient pousser tes collaborateurs à se mettre eux-mêmes dans cette position.

J’espère que cet article t’a plu et qu’il te sera utile. Indique le moi en appuyant sur le petit pouce gris ci-dessous. N’hésite pas à le partager sur tes réseaux sociaux pour en faire bénéficier tes connaissances, à partir des boutons à cet effet sur ta gauche !

Et comme toujours, tes retours d’expérience ou questions seront les bienvenus dans les commentaires tout en bas ! 🙂

Si le Capitaine Rex avait vécu dans notre monde, il est probable qu’il aurait apprécié cette citation de George Orwell (La ferme des animaux) :

La bravoure ne suffit pas. La loyauté et l’obéissance passent avant.

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2 commentaires

  • Nicolas

    Ta réflexion est très intéressante Alexandre… Personnellement je pense que nous avons tous un rapport différent à l’autorité et surtout à l’honneur et à la loyauté. C’est ce qui rend le management si complexe et plus généralement les relations interpersonnelles si passionnantes ! 🙂 Merci pour ce bel article même si n’étant pas fan de Star Wars je ne connaissais pas ce personnage 🙂
    1+
  • Alexandre Willocquet

    Merci Nicolas ! Un rapport différent, oui, c’est certain, ne serait-ce qu’entre différents profils MBTI 😉
    Tous les fans de Star Wars ne connaissent pas forcément The Clone Wars, je te rassure. C’est un personnage qui n’apparait (a priori) que dans cette série, mais j’aime bien utiliser des personnages “secondaires” ou des anti-héros 🙂
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